Sabtu, 08 Februari 2020

Le Château

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Le Château Details

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Reviews

Kafka n??avait pas écrit le Château pour qu??il soit publié. Il l??a écrit comme on tient un journal. Ce manuscrit inachevé n??était pas destiné à être lu par quelqu??un d??autre que lui, ce qui explique son style sobre, dépouillé, presque sténographique, et surtout onirique, réminiscent de rêves dans lesquels il essayait d??y voir clair : on disait d??ailleurs qu??il ne pouvait écrire quand il n??avait pas fait de rêves. Ce qui donne un texte ésotérique donnant lieu à d??innombrables interprétations En matière d??exégèses, que n'a-t-on déjà entendues : Que la symbolique du château serait la satire de l??administration, voire la prémonition de l???tat totalitaire. Certes, Kafka a été fonctionnaire et il est indéniable que l??expérience traumatisante qu??il en a eue ait pu quelque peu déteindre sur ses écrits. Mais il n??est pas homme à s??attarder à une satire politique et sociale, et s??il formule des questions, ce sont des interrogations métaphysiques sur l??existence toute entière.Aussi, de toutes les interprétations, c??est celle de Kundera qui est la plus pertinente. K, le personnage du roman, est convoqué au Château par erreur. L??institution est un mécanisme obéissant à ses propres lois qui ont été programmées on ne sait plus par qui ni quand, qui n??ont rien à voir avec des intérêts humains et qui sont donc inintelligibles. ?tant donné qu??il n??y a pas pour lui d??autre monde possible que ce château, toute l??existence de K est une erreur. Et c??est aussi la nôtre. L??être a été extirpé du néant sans que personne ne lui ait demandé son avis, appelé à l??existence par une autorité supérieure qu??il cherche en vain à identifier. Cette existence, il n??en connait ni le mode d??emploi, ni la finalité. Cette existence, il n??en voit que le côté incompréhensible et tout ce qu??il peut faire en attendant la mort, c??est d??essayer d??en déchiffrer le sens. Dans le roman, le dossier de K ressemble à l??idée platonicienne. Il représente la vraie réalité, tandis que l??existence physique de l??homme n??est que le reflet projeté sur l??écran des illusions. L??arpenteur K n??est que l??ombre de son fichier ; et il est encore moins que cela : il est l??ombre d??une erreur dans un dossier, l??ombre n??ayant même pas droit à son existence d??ombre. D??ailleurs, tous les personnages ne semblent être que des codes programmés dans un jeu vidéo. Leurs interactions semblent être programmées en fonction d??un plan qui leur est inconnu et ils n??ont d??intérêt pour leurs congénères que dans la mesure où les autres pourraient entrer dans les cases vides de leur plan. Cette vision n??est pas seulement platonicienne, des scientifiques comme Michael Talbot se hasardent à se demander dans son livre « The holographic universe » si l??univers ne serait qu??une projection holographique venant d??une autre dimension..L??existence ne serait donc qu??une bavure administrative ? En écrivant « Le château », Kafka ne fait rien d??autre que d??essayer de déchiffrer ce « monde plein de démons invisibles qui déchirent et anéantissent l??homme sans défense?Il connaissait le monde d??une manière insolite et profond? Tous ses livres décrivent l??horreur de l??incompréhension, de la faute innocente parmi les hommes?» D??où ce style ascétique et dépouillé qui se situe au degré zéro de l'écriture. Car pour saisir le sens profond des choses, il faut commencer par les débarrasser de tout ce qui n??est pas essentiel. Et c??est d??ailleurs ce qui se passe dans les rêves, quand le subconscient effectue un tri en dégraissant les réminiscences du quotidien de tout superflu pour n??en garder que l??essentiel, condensé en symboles cryptés. Ce n??est donc pas surprenant si le roman est truffé de scènes oniriques, comme cette scène où K, dès sa première rencontre avec Frieda, se met à lui faire l??amour sans façon sous le comptoir d??un bar, sous les yeux de ses assistants et de l??aubergiste. Et c??est le même surréalisme dans les dialogues. Les personnages se parlent sans ambages, sans tenir compte aucunement de conventions ou d??interdits, exactement comme dans les rêves, où n??émerge que l??information strictement essentielle.Le texte original a été dénaturé par pas mal de traductions qui, sous prétexte d??enjoliver la prose, y ont supprimé les répétitions pour les remplacer par des synonymes. La langue française tient pour une maladresse la répétition ; l??ennui c??est qu??un mot n??est jamais exactement synonyme d??un autre, et de fil en aiguille, on arrive à dériver complètement du sens originel.Les traductions les plus fidèles sont celles d'Axel Nesme et de Lortholary.

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